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Cette fiche d’information a été créé par les familles et amis des personnes disparues (FFMPU) dans le New South Wales, Australie. Le FFMPU est un service unique qui fournit des renseignements, d’aiguillage et de soutien aux familles et aux amis des disparus. Le CCIAD a obtenu la permission du FFMPU pour reproduire et publier ce document d’information.

En 2005, l’Unité des familles et amis de personnes disparues (FFMPU) en Australie a tenu une table ronde réunissant des frères et sœurs de personnes disparues pour les entendre raconter leur vécu particulier. Bien que l’histoire de chaque personne revêtait un caractère unique, plusieurs participants ont souligné des similitudes, révélant que la plupart des gens sont passés par des «étapes» d’adaptation pour composer avec la disparition de leur sœur ou frère. Ces étapes furent définies au sens large mais leur durée variait considérablement d’un individu à l’autre.

Choc et incrédulité

Dans les semaines et les mois qui ont immédiatement suivi la disparition, les frères et sœurs sont passés par la première étape en état de choc et d’incrédulité, ne parvenant pas à y croire. Ils se sont concentrés sur des détails susceptibles de contribuer à retrouver la personne disparue : par exemple, ses derniers déplacements connus, les vêtements qu’elle portait ce jour-là et ce qu’elle faisait avant de disparaître. Les participants ont déclaré avoir fait tout leur possible pour retrouver leur frère ou leur sœur, explorant à fond la moindre piste. Tous avaient essayé de continuer à vivre aussi normalement que possible, en dépit de leur situation aussi anormale que possible, au cas où la personne disparue essayait de communiquer avec eux.

Les frères et sœurs expliquèrent les effets de l’état de choc initial sur leur vie. Ils partageaient un phénomène commun : ils «voyaient» la personne disparue – par exemple, marchant dans la rue, ils pensaient l’avoir aperçue mais se rendaient compte que c’était un(e) inconnu(e) qui lui ressemblait peut-être mais c’était souvent purement imaginaire. Tous avouèrent avoir été bouleversés par cette méprise.

Les participants ont également affirmé avoir été déçus et désillusionnés par les services censés les aider lorsque leur frère ou sœur manquait toujours à l’appel.

Tous les participants avait éprouvé de la difficulté à soutenir et à consoler d’autres personnes. Plusieurs d’entre eux avaient eu l’impression que leurs sentiments et leurs besoins n’étaient pas respectés et que les gens ne s’occupaient que du bien-être de leurs parents, ce qui leur laissait l’impression qu’on ne leur offrait aucun soutien et qu’on ne respectait pas leurs sentiments.

Étapes ultérieures

Les étapes ultérieures furent moins faciles à définir que le choc des étapes initiales après la disparition du frère ou de la sœur. Les participants ont dit qu’ils s’étaient lentement rendu compte qu’ils étaient impuissants et qu’ils ne pouvaient ramener la personne disparue. Au fur et à mesure, leur principale préoccupation passa des besoins de leur famille, et particulièrement de leurs parents, à leurs propres besoins. Ils se fatiguèrent d’avoir à s’occuper des autres et commencèrent à ressentir le besoin de s’occuper d’eux-mêmes et de se recentrer sur leur propre vie.

À long terme

Quelques frères et sœurs des participants avaient disparu des années auparavant et ces derniers furent en mesure d’expliquer comment leur vécu avait changé au cours d’une longue période de temps. La perte de leur frère ou sœur leur causait toujours du chagrin mais de façon moins aiguë et moins débilitante qu’autrefois. Ils pensaient souvent à la personne disparue et elle leur manquait toujours mais ils avaient commencé à se résigner à l’idée de ne plus la revoir et éventuellement, de ne jamais savoir ce qui lui était arrivé. Ils avaient le sentiment que malgré tout, «la vie continue» et ils recommençaient à s’investir de nouveau dans la vie. Plusieurs participants mentionnèrent qu’ils avaient fait de longs voyages en réaction à la pression qu’ils ressentaient et à leur besoin de «s’évader». Ces voyages avaient tendance à leur créer des problèmes avec leurs parents qui craignaient qu’un autre enfant soit porté disparu lui aussi. De retour de voyage, les participants découvraient qu’ils avaient changé de plusieurs façons, davantage que le reste de leur famille qui leur semblait enlisée dans le passé.

Ce qui pourrait vous aider si votre frère ou votre sœur est disparu(e) depuis longtemps

  • Reconnaître que les sentiments non résolus occasionnés par une perte s’insèrent dans un processus à long terme qui change avec le temps. Chacun compose à sa propre façon avec sa perte et il n’existe pas de «bonne» ou de «mauvaise» façon de s’en sortir.
  • Apprendre à composer avec les «déclencheurs» qui risquent à l’occasion de faire remonter à la surface des sentiments aigus et non résolus de perte. Par exemple, il peut s’agir d’un inconnu dans la rue qui ressemble à la personne disparue, d’une chanson qui vous fait penser à elle, d’un reportage télévisé sur d’autres personnes disparues, etc. Ces déclencheurs peuvent entraîner un recul temporaire et susciter les mêmes sentiments que vous aviez éprouvés peu après la disparition de votre frère ou de votre sœur.
  • Attendez-vous à vivre des moments difficiles à Noël ou le jour de l’anniversaire de votre frère ou de votre sœur alors que son absence peut vous sembler encore plus pénible. Ces jours-là, des rituels en hommage à la personne disparue pourraient s’avérer utiles. Normalement, il vaut mieux d’admettre ouvertement certains sentiments que d’essayer de les enfouir ou de faire semblant qu’ils n’existent pas.
  • Vous pourriez vouloir organiser une cérémonie commémorative pour votre frère ou votre sœur. La décision, quant au moment et au déroulement de cette cérémonie, dépendra uniquement de votre famille.
  • Vous pourriez constater que le counselling vous aide si votre vie commence à être perturbée par des sentiments non résolus de perte. Cela est vrai, peu importe combien de temps s’est écoulé depuis la disparition de votre frère ou de votre sœur.
  • Assurez-vous de vous réserver du temps pour vous-même et demandez de l’aide si vous en avez besoin.

Faire connaître les ressources et publications aux autres

Les publications offertes par des organismes œuvrant dans le domaine de personnes disparues, sont destinées aux parents et amis de personnes disparues. Si un organisme fait parvenir des publications à votre famille, assurez-vous que tous les membres, notamment vos frères et sœurs, y aient accès puisque cette documentation pourrait les aider à gérer leur réaction à la disparition qui peut s’avérer traumatisante et déroutante.

Informations complémentaires

Pour obtenir de plus amples informations (en anglais seulement) au sujet du rapport sur la table ronde réunissant des frères et sœurs de personnes disparues (Report on the Roundtable for Siblings of Missing Persons) et d’autre documentation connexe, s’il vous plaît visitez: www.missingpersons.justice.nsw.gov.au.